Bagnols-Pont, la reconstruction après la chute
Publié le 02/01/2026
Rétrogradé de trois niveaux en trois saisons, le club du Gard
rhodanien tente de se reconstruire sportivement et
financièrement sous l’impulsion de son président Mounir
Zekhnini.
La chute a été brutale, presque vertigineuse. En l’espace de trois
saisons, Bagnols-Pont est passé de la Nationale 3 à la Régionale 3.
Trois divisions perdues, trois rétrogradations successives et un club
historique du district Gard-Lozère contraint de revoir ses ambitions à
la baisse. Pour autant, la descente semble aujourd’hui contenue. « On
a fait un peu comme Nîmes Olympique », résume avec lucidité Mounir
Zekhnini, président du club depuis un an.
Arrivé à la tête du club dans un contexte déjà fragilisé, l’ancien
entraîneur des équipes de jeunes a connu l’époque où l’équipe fanion
évoluait encore au niveau national. Pour expliquer cette spirale
négative, il évoque une accumulation de facteurs. Des choix
stratégiques qui n’ont pas porté leurs fruits en Nationale 3, des points
de pénalité lors de la saison en Régionale 1, une relégation aux
barrages, puis une dynamique définitivement brisée à la trêve la saison
dernière par des difficultés financières ayant entraîné le départ de
nombreux joueurs.
Sauver le club avant tout
Face à cette situation, la priorité est claire. « Alors aujourd’hui, le but
est surtout de sauver le club et de résorber la dette. Pour y parvenir,
on a réduit la voilure », explique le président. Nîmois d’origine,
Mounir Zekhnini est devenu Bagnolais de cœur après avoir épousé
une Bagnolaise, fille de Jean-Luc Chas, figure emblématique des
courses pédestres locales, à qui la ville a d’ailleurs dédié un stade.
Sur le plan sportif, le discours est mesuré. L’objectif n’est plus la
montée, mais la stabilité. En Régionale 3, Bagnols-Pont vise avant
tout le maintien. Après huit journées, l’équipe entraînée par Habib
Lakhmaiss occupe la cinquième place avec neuf points, loin du leader
Anduze, qui compte déjà 22 unités, et distancé également par
Montpellier Atlas, Marguerittes et Pérols. Capable d’enchaîner deux
victoires à domicile comme de subir plusieurs revers consécutifs,
l’équipe reste imprévisible. Elle a inscrit dix de ses vingt buts en
seulement deux rencontres, mais reste sur deux défaites avant la
reprise du championnat, prévue le 10 janvier à domicile face à
Moussac.
Un renouveau par la base
Au-delà des résultats, le club s’inscrit dans un temps plus long. À
l’intersaison, Bagnols-Pont a absorbé les Escanaux, l’autre club de la
ville. Une fusion qui a permis d’élargir la base et de franchir le cap des
500 licenciés. Un socle indispensable pour reconstruire durablement. «
On est face à une grosse mission mais on est motivé pour retrouver
des jours meilleurs. J’ai la chance d’être entouré par des bénévoles,
par des vice-présidents investis en la personne de Christophe
Martinez et Emmanuel Louis », souligne le président, insistant sur
l’importance du travail collectif.
La réserve, qui évolue actuellement en D3, traverse elle aussi une
période délicate. Là encore, l’objectif est de repartir progressivement
de l’avant et de gravir les échelons dans les saisons à venir.
Malgré les difficultés, Mounir Zekhnini refuse le fatalisme. Convaincu
du potentiel du club et de son ancrage local, il se projette déjà plus
loin. « Bagnols-Pont doit légitimement envisager à terme de revenir
en R1 », assure-t-il. Une ambition mesurée, nourrie par la patience et
le travail, pour un club qui entend bien retrouver, un jour, sa place sur
les hauteurs du football régional.
Photo Rémi Fagnon