Nîmes Olympique, des ténèbres à l’espoir de la Ligue 3

Publié le 08/04/2026

Passé en quelques mois d’une relégation dans les championnats régionaux à la tête de son groupe en N2 après avoir vécu une petite crise interne, Nîmes Olympique aborde le sprint final pour la montée avec ambition et un nouvel élan collectif.

 

Lundi 19 janvier 2026, dans la salle de presse du stade des Antonins, les visages sont fermés. Sur l’estrade, le président Thierry Cenatiempo, le directeur sportif Anthony Dupré et l’entraîneur Mickaël Gas font face aux journalistes. La conférence de presse a été organisée à la hâte, dans un climat tendu.

Quelques jours plus tôt, Nîmes Olympique s’est incliné à Istres (2-0). Un troisième match consécutif sans victoire. Surtout, les déclarations d’après-match de l’entraîneur laissent entrevoir des tensions avec son directeur sportif. Simple réaction à chaud ou malaise plus profond ? À cet instant, difficile de trancher.

 

Une zone de turbulence en janvier

Pour le club, c’est la première zone de turbulence depuis l’été. Car quelques mois auparavant, Nîmes Olympique était encore au bord du gouffre, relégué dans les profondeurs du football régional avant d’être sauvé par la mobilisation de la Ville et d’un collectif d’entrepreneurs emmené par Thierry Cenatiempo. Face à la tempête, en ce lundi de janvier, ce dernier choisit alors l’apaisement et renouvelle sa confiance à ses deux hommes forts.

Le week-end suivant, les Crocos chutent à nouveau, cette fois à domicile contre Rumilly (1-2). Le doute s’installe, mais le club serre les rangs. Pas de décisions hâtives, pas de rupture. Nîmes encaisse, plie, mais ne rompt pas. Et puis, sans bruit, la mécanique se remet en route.

 

Huit matchs pour tout changer

Huit rencontres plus tard, le décor a radicalement changé. Nîmes Olympique trône en tête de la poule C de Nationale 2. Le bilan est impressionnant : sept victoires et un match nul. Une série toujours en cours.

Tout n’a pourtant pas été parfait. À deux reprises, les Nîmois s’en sortent dans des scénarios presque irréels, arrachant la victoire dans les dernières minutes à Saint-Priest puis à Rousset, pourtant lanterne rouge. Des succès au forceps, qui interrogent autant qu’ils rassurent.

Et si cette part de réussite était justement ce petit supplément indispensable pour renverser le destin ?

 

Un club qui “revit”

À six journées de la fin, Nîmes ne peut plus avancer masqué. Le club est pleinement engagé dans la course à l’accession à la future Ligue 3. Cannes, à deux points, et Saint-Maur, à trois longueurs, restent en embuscade. Avant même la victoire à Rousset, Mickaël Gas pressentait ce tournant : « Le club revit », confiait-il sur les ondes d’Ici Gard-Lozère.

Il faut dire que le changement est profond. Depuis qu’il a tourné la page Assaf, Nîmes Olympique a remis de l’ordre dans son fonctionnement et s’est rouvert sur l’extérieur. Résultat : plus de 5 000 supporters se pressent désormais aux Antonins les soirs de match.

Dans les colonnes de Midi Libre, ce lundi, Thierry Cenatiempo ne cache pas ses ambitions : « Nîmes ne peut pas s’éterniser en N2 ». Une montée dès cette saison « nous ferait gagner du temps », reconnaît-il. Mais il garde les pieds sur terre.

 

Un équilibre retrouvé

Derrière cette dynamique, un équilibre semble s’être installé. Certes, quelques tensions ont pu exister entre le directeur sportif et l’entraîneur, mais le recrutement pertinent  du premier est pleinement exploité par le travail du second. Sur le terrain, cela se traduit par une solidité remarquable : Nîmes possède la meilleure défense de son groupe au moment d’aborder le sprint final.

 

Un sprint décisif

Le calendrier à venir ressemble à une série de finales : réception de Saint-Maur (3e), déplacement à Hyères (6e), accueil de Cannes (2e), puis des matchs contre Andrézieux, Istres et Limonest.

Deux confrontations directes à domicile face aux principaux concurrents — dès ce samedi 11 avril contre Saint-Maur, puis le 25 avril face à Cannes — pourraient bien faire basculer la saison. Des rencontres qui vaudront double.

En juillet dernier, au plus fort de la crise, rares étaient ceux qui imaginaient Nîmes Olympique si proche d’un retour dans le monde professionnel. Quelques mois plus tard, le club gardois est non seulement debout, mais en position de force.

Comme un symbole, le Crocodile a survécu. Et il avance désormais avec une idée en tête : ne plus jamais replonger dans le marigot.

 

LEGENDE DE LA PHOTO 

De gauche à droite : Anthony Dupré, le directeur sportif ; Thierry Cenatiempo, le président ; Mickaël Gas, l’entraîneur. Les hommes forts du renouveau de Nîmes Olympique

Par Lucas Lescure

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