La caméra embarquée testée chez les arbitres du district Gard-Lozère
Publié le 19/02/2026
« Je trouve que c’est dissuasif » : la caméra embarquée testée chez les arbitres du district Gard-Lozère
Le district Gard-Lozère fait partie des 30 districts français engagés dans une expérimentation nationale visant à lutter contre les violences et incivilités.
Un harnais équipé d’une caméra fixé sur la poitrine de l’arbitre. Depuis le début de la saison, ce dispositif inédit accompagne certains officiels amateurs sur les terrains. Une expérimentation nationale portée par la Fédération française de football (FFF) pour renforcer la protection et la sérénité autour de l’arbitrage amateur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan fédéral de lutte contre les incivilités et les violences. Récemment en déplacement en Bretagne, le président de la FFF, Philippe Diallo, a rappelé les enjeux : « Il appartient à la fédération de tout mettre en œuvre pour protéger les arbitres. La communauté du football doit s’impliquer dans ce combat. »
Le Gard-Lozère parmi les districts pilotes
Le district Gard-Lozère figure parmi les trente districts retenus pour cette phase de test. Son président, Fernand d’Anna, explique la démarche : « On a déjà mis en place l’exclusion temporaire de dix minutes pour toutes les compétitions de D1. Mais on a estimé qu’il était pertinent d’aller encore plus loin avec cette caméra embarquée. »
Depuis plusieurs semaines, trois caméras ont été mises à disposition du district.
Un dispositif strictement encadré
Concrètement, la caméra enregistre des séquences de trente secondes. En cas de tension, l’arbitre peut activer un bouton pour filmer plus longuement. « Lorsque l’arbitre ramène, le lundi, le matériel au district, seul le référent sécurité, via un code, a accès aux images s’il y a lieu de les visionner », précise Fernand d’Anna.
Et d’ajouter : « Lui seul peut les transmettre à la commission de discipline si toutefois elle est saisie d’un litige et qu’elle souhaite visionner les images. S’il n’y a pas lieu de saisir la commission, alors toutes les images sont effacées. » Un cadre pensé pour concilier protection des arbitres et respect des données.
Un effet dissuasif sur le terrain
Les rencontres concernées sont sélectionnées en fonction de leur enjeu ou de la rivalité géographique entre clubs. Fernand d’Anna a récemment assisté à deux matches dirigés par des arbitres équipés : Barjac-Bessèges, un derby de D1, et Le Vigan-Saint-Hippolyte-du-Fort en coupe Gard-Lozère. « Il n’y a pas eu de fait notable. J’ai même constaté que les joueurs avaient tendance à se tenir à distance respectable de l’arbitre quand ils avaient des choses à lui dire », observe-t-il.
Razali Boudjemaa officiait lors de la rencontre Barjac-Bessèges. Avant le coup d’envoi, il a pris soin d’expliquer le fonctionnement du dispositif : « J’ai bien expliqué aux présidents et aux capitaines le fonctionnement du dispositif. Je n’ai d’ailleurs pas eu de retour négatif. »
S’il affirme n’avoir « jamais eu de situations trop compliquées » depuis ses débuts au sifflet, il voit dans cette caméra un soutien supplémentaire : « C’est un outil supplémentaire pour nous permettre de diriger un match en sécurité. En pleine action, les joueurs ne pensent pas trop à la caméra. En revanche, ils y pensent quand ils s’approchent de moi parce qu’ils savent que je peux l’actionner si je sens que c’est chaud. Je trouve que c’est dissuasif. »
Prévenir plutôt que sanctionner
Ce nouveau dispositif témoigne des tensions qui peuvent parfois entourer les rencontres amateurs. Pour les instances, il s’agit avant tout d’un outil de prévention destiné à apaiser les relations sur et autour du terrain.
Un rappel, aussi, que malgré ces mesures, l’essentiel demeure : le football doit rester un jeu.