Rousson, entre plaisir de la Coupe et course au maintien
Publié le 08/10/2026
Entre une Coupe de France qui fait rêver et un championnat où le maintien reste la priorité, Rousson avance avec ses armes, porté par un groupe soudé et un état d’esprit irréprochable.
Rousson fait partie des six clubs gardois encore en course en Coupe de France. Samedi 10 octobre, pour le compte du cinquième tour, le club cévenol accueillera Saint-Laurent de la Salanque. Les Catalans évoluent en R2, une division en dessous de la R1 roussonnaise. Un avantage sur le papier, auquel il faudra ajouter celui du terrain. Mais Mustapha Guiza préfère tempérer l’enthousiasme.
« C’est une équipe qui est composée de quelques joueurs ayant évolué au niveau national. Elle reste sur plusieurs accessions consécutives. Et si elle est encore là au cinquième tour, ce n’est certainement pas par hasard », rappelle le vice-président et directeur sportif de Rousson, figure emblématique d’un club cévenol qui compte près de 400 licenciés.
Une Coupe de France qui sourit aux Cévenols
Rousson non plus n’est pas arrivé à ce stade de la compétition par hasard. L’équipe, co-entraînée par Thibaut Evesque et Jimmy Leterme, affiche même une statistique qui en dit long sur sa solidité : elle n’a toujours pas encaissé le moindre but depuis son entrée en lice.
En revanche, elle en a inscrit treize. Deux à Vergèze au premier tour, huit à Bagnols au tour suivant, puis trois face à Lunel lors du dernier tour. De quoi donner une saveur particulière à cette aventure, que Mustapha Guiza savoure sans pour autant perdre de vue l’essentiel : « La Coupe de France, c’est du plaisir. Sur un plan personnel, j’aimerais que l’on passe ce tour et que l’on joue au tour suivant contre Nîmes Olympique que j’aime beaucoup. »
Un souhait qui en dit long sur l’appétit du dirigeant cévenol. Mais avant de rêver d’un éventuel rendez-vous avec le Nîmes Olympique, Rousson devra se défaire d’une solide équipe de Saint-Laurent de la Salanque.
Le championnat, l’autre priorité
La Coupe de France ne doit pas faire oublier le quotidien du club. La saison dernière, Rousson a retrouvé la R1, quatre ans après avoir évolué à ce niveau et l’avoir quitté à la suite d’une rétrogradation administrative. Après trois journées, le bilan est contrasté : une victoire, à domicile face à Revel (1-0), et deux défaites.
Pour autant, Mustapha Guiza refuse de céder au pessimisme : « On a quand même attaqué la saison à Agde qui est l’épouvantail de cette poule et le grandissime favori. Si on perd 3-1, je n’oublie pas qu’on a mené jusqu’à la 40e minute. Et lors de notre dernier match à Saint-Clément, on s’incline 1-0 après avoir manqué le penalty de l’égalisation dans le temps additionnel. »
Au-delà des résultats, le dirigeant retient surtout l’état d’esprit. « Un groupe qui vit bien et à l’état d’esprit irréprochable », insiste-t-il. Un socle précieux pour un club dont l’objectif est clairement établi : se maintenir dans une R1 où la bataille s’annonce particulièrement relevée.
Des doutes balayés par la compétition
Pourtant, quelques semaines plus tôt, Mustapha Guiza n’était pas totalement rassuré. La préparation estivale avait laissé planer quelques interrogations : « Des joueurs sont arrivés pas prêts du tout, avec même un excès de poids pour certains, ce qui a retardé notre préparation. Les matches amicaux avaient été mitigés et ne m’avaient pas rassuré du tout. »
Puis la compétition a commencé et le groupe s’est révélé. Avec ses qualités, ses ressources et surtout cette capacité à rester soudé lorsque les matches se jouent sur des détails.
Dans un championnat à quatorze équipes dominé par Agde, devant Le Grau-du-Roi et Saint-Clément, Rousson avance donc avec une ambition mesurée : assurer son maintien tout en profitant, pourquoi pas, des belles occasions qui se présentent. Et la Coupe de France en est une.
Faire avec les moyens du bord
Car Rousson sait aussi d’où il vient et avec quelles armes il doit avancer. « On a le plus petit budget de R1, conclut l’emblématique dirigeant. Quand je vois les subventions que donnent certaines communes à des clubs, ça fait rêver. Ici, la ville fait ce qu’elle peut dans un contexte économique compliqué. Alors, on fait avec les moyens du bord sans se plaindre, d’autant qu’on a la chance d’avoir un magnifique complexe toujours bien entretenu. »
Des moyens limités, mais une ambition intacte. Samedi, face à Saint-Laurent de la Salanque, Rousson aura donc une nouvelle occasion de faire parler de lui. En Coupe de France, les Cévenols ont déjà pris goût au plaisir. Et ils n’ont visiblement aucune envie que l’aventure s’arrête au cinquième tour.